jeudi 12 janvier 2017

Au nom de la liberté

Mário Soares – 1924-2017
L’homme des combats impossibles
 
Avant toute chose, Mário Soares a été un combattant antifasciste inépuisable. Il a connu la prison, à 13 reprises et a été déporté à S. Tomé sous ordre de Salazar puis forcé à l’exil sous Caetano. Dès 1964, il mena la lutte pour la liberté en fondant l’Action Socialiste Portugaise, aux côtés de Tito de Morais e de Ramos da Costa. L'ASP, réunie en Congrès, deviendra le PS portugais, le 19 avril 1973, à Bad Münstereifel, en Allemagne, et reconnu par l’Internationale Socialiste.
 
Un homme de volonté, un homme de parole et un homme d'action, Mário Soares a fait la Révolution des Œillets le 25 avril 1974, avec d'autres camarades exilés, comme Álvaro Cunhal, communiste. A la veille de l'élection présidentielle, le 26 janvier 1986 où les sondages lui donnaient 5% d'intentions de vote, il dit "si je me jette par la fenêtre et que je dis que je ne meurs pas, sachez que je ne meurs pas ! ". Il gagne l'élection. Il a pensé et œuvré à l'union de la gauche longtemps avant la Révolution des Œillets pour finir par la vivre très récemment, avec António Costa, en novembre 2015, unis contre les coups de faux de l'austérité.
 
Un homme qui aimait être parmi les autres, avec eux. Il aimait la littérature et la peinture. Il aurait voulu être écrivain, il avait lui-même publié des essais politiques, tout au long de sa vie. S'il aimait fréquenter ceux qui pensent et ceux qui écrivent, il aimait autant provoquer le dialogue avec la rue et le peuple, celui pour lequel il avait tant voulu la liberté et avec lequel il aimait "conspirer", sans cesse.
 
Un homme visionnaire. Le bon chemin n'était pas celui d'un régime révolutionnaire populaire passionné mais celui d'une démocratie stable, forte de ses institutions, consacrée par la Constitution et son Article 1er : "Le Portugal est une République souveraine, fondée sur la dignité de la personne humaine et la volonté du peuple, et engagée dans la construction d'une société libre, juste et solidaire". Il n’a jamais séparé la conquête de cette démocratie de celle de l’autodétermination des peuples et de leur indépendance. A la Démocratisation, la Décolonisation fut un corollaire indispensable pour prendre, enfin, le chemin du Développement : les 3D furent donc jetés pour sceller le destin du Portugal à celui de l’Europe. C'est son œuvre et c’est une belle œuvre.
 
Mário Soares n’aimait pas prendre des décisions, seul, mais en équipe. Son volontarisme, sa force de conviction, sa capacité à agir, avaient su attirer au PS portugais bien des personnalités importantes, au long des XXème et XXIème siècles. S'il a su bien souvent taper du poing sur la table, il a su tout autant le lever, le sien, ce poing gauche, à chaque menace de régressions, au nom de la liberté.
 
Les nouvelles générations connaissent, peut-être peu ou pas du tout les combats nobles de Mário Soares, au Portugal comme en Europe. Pourtant, tous les enfants d'avril lui doivent leur liberté et la démocratie dans laquelle ils habitent. Attention, ses combats continuent et ce sont les nôtres car des œillets ont été fauchés, là-bas, et des roses sont, ici, menacées de l'être. Il a été un homme politique d’une valeur inestimable, l’homme des combats impossibles. "Il y a des hommes capables d'une fleur là où les fleurs ne naissent pas", a écrit Manuel Alegre¹, un des camarades de la première heure de résistance. Il était de ces hommes, de ceux qui accomplissent ces combats impossibles.
 
Viva Mário Soares! Viva o PS! Viva a Liberdade!
 
Nathalie De Oliveira,
 
Membre du Conseil national du PS portugais,
Secrétaire fédérale, Chargée des questions transfrontalières, européennes et internationales de Moselle.
Adjointe au Maire de Metz

¹ Poème Le Libraire de l'espérance, de Manuel Alegre.

mercredi 30 novembre 2016

Intervention en Conseil municipal du 24.11.16

Point 3 – Signature du Projet Social de Territoire et de la convention Territoriale Globale de Services aux Familles
 
Monsieur le Maire,
Chers collègues,
 
« La République, n’est pas faite pour cacher la misère du peuple mais pour la reconnaître et la guérir” (Discours de Limoges de Jean Jaurès du 8.10.1908). C’est bien dans cet esprit républicain que Metz est signataire d’un Projet Social de Territoire et de la convention Territoriale Globale de Services aux Familles. Nous nous sommes engagés dans cet esprit, pour n’oublier personne sur la route du progrès.
 
Nous savons tous la crise que notre continent européen, ses États et ses peuples ont pu traverser et traversent encore. Metz n’échappent pas à quelques indicateurs socio-économiques préoccupants mais dont l’intervention publique sait, peut et doit corriger. Un projet social de cette envergure où tous les partenaires publics – Ville/CCAS/CAF/CD/DDCS répondent à l’appel, ensemble, contre toutes les inégalités pour poser les diagnostics et administrer les bons remèdes afin de ne plus miner notre état de santé général, notre qualité de vie et notre avenir commun.
L’innovation sociale suppose que les usagers se trouvent et se retrouvent au cœur des dispositifs proposés pour améliorer leur vie au quotidien. Mieux écoutés et mieux accompagnés, leur citoyenneté ne sera que plus réelle, épanouie et prometteuse. C’est l’objet de la création de l’Observatoire et des 36 axes de travail pour 2016-2020.
 
La solidarité est une affaire de tous et de tous les jours. Les axes de travail définis prioritaires tels que la Petite enfance et la parentalité, l’enfance-jeunesse, l’animation de proximité, la lutte contre la précarité et l’accès au droit, le logement et l’hébergement, les personnes âgées et le handicap sont pertinents et ciblent les populations les plus fragiles. Une fois les diagnostics posés, nous pourrons apporter les soins utiles et laisser, chacun à sa liberté, sur son chemin propre d’émancipation, en particulier ceux qui sont le plus en souffrance sociale. Protéger, en voilà une belle mission, c’est aussi la nôtre !
NDO

Intervention en Conseil municipal du 24.11.16

Point 1 – Rapport sur la situation en matière d'égalité entre les femmes et les hommes
 
Monsieur le Maire,
Chers collègues,
 
L’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, c’est encore pour demain. Le dernier rapport du Forum économique mondial publié le 26 octobre 2016, parle de l’horizon 2186. 170 ans devant nous pour l’égalité salariale réelle !
En France, malgré un certain nombre de lois valables qui s’inscrivent dans la lutte contre toutes les discriminations faites aux femmes, nous ne brillons pas de notre avance, en la matièe : 134ème sur 144 pays considérés.
Malgré quelques progrès, le recul est dramatique depuis 2008, dans quatre domaines : le niveau d'instruction, les opportunités économiques, l'émancipation politique et la santé. Dans les secteurs clés de l'économie "Le fossé entre les sexes, désormais de 59%, est plus élevé qu'il n'a jamais été depuis 2008, en faveur des hommes ». Dans la vie au travail, 5 fois plus que les hommes, les femmes continuent d’exercer des métiers peu qualifiés et mal rémunérés, à temps partiel, «dans le prolongement des tâches domestiques d’exécution» pour ne citer que Pierre Bourdieu.
Pourtant, toujours, en France, des politiques publiques plus volontaristes s’affirment : un service public renforcé afin que les femmes puissent choisir leur travail et travailler à la hauteur de leurs aspirations, tout au long de leur vie (crèches, périscolaire, structures d’accueil à la hauteur de leur temps de travail), parité effective en politique – la France se classe 19ème sur 27. Aussi, égalité de rémunération, travail à temps partiel mieux règlementé et accompagné de mesures complémentaires pour les familles sont attendus. Tout autant attendus, l'accès facilité aux plus hautes fonctions de direction, le partage joyeux des tâches domestiques, partage du congé maternité/paternité, du congé parental, partage de tout.
Encore, éduquer à l’égalité par des actions de sensibilisation le plus tôt possible dans la vie de chaque individu, à l’école notamment. L’élimination des inégalités de genres relève des droits de l’homme et de l’équité. La compétitivité d'une ville, d’un pays dépend essentiellement du talent humain, des capacités de chacun, de son niveau d’éducation et de la productivité de sa force de travail. Les femmes représentent la moitié de la réserve du potentiel de talent de la ville, du pays où elles vivent et dans le monde entier. Qu’il n’y ait aucun doute !
In fine, condition sine qua non pour suivre le chemin d’une société plus juste et plus humaine : que les hommes deviennent de vrais sujets et acteurs, de l’égalité hommes-femmes ! Ce combat doit être également mené par eux, en tout premier chef.
Je nous félicite, donc, de ce rapport qui vise à respecter, au millimètre, les droits de tous les agents de la Ville de Metz, femmes et hommes, hommes et femmes, dans le respect de Loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, et participer au combat contre les inégalités entre hommes et femmes dans les sphères privée, professionnelle et publique. Le combat continue et il appartient à chacun de nous !
NDO

jeudi 27 octobre 2016

Intervention Conseil municipal. 27.10.27

Point 16 – Versements de diverses subventions en faveur de la cohésion sociale
 
Monsieur le Maire,
Chers collègues,
 
La politique de la ville reste un outil d’intervention publique valable et important dans la lutte contre les inégalités sociales. Certains, ici, pointent des insuffisances. Certes, certaines subsistent mais il faut saluer le travail des Services et celui de l’Adjointe Sélima SAADI qui ne fatiguent pas de sillonner les rues des quartiers « Politique de la Ville » dont les habitants, souvent sous-estimés, pourtant porteurs de projets innovants, de vie commune, de partage, capables de revendiquer leur fierté de vivre dans leurs quartiers. Sans cet effort, les autres quartiers et Metz pourrait venir à souffrir, un jour, de retards variés et inadmissibles. Loin des incantations, ce 3ème volet de la programmation du Contrat de Ville le prouve incontestablement.
 
En ce qui concerne plus précisément le projet d'expérimentation sociale pour l'intégration de la population du bidonville Louis le Débonnaire, il convient de rappeler que cette population- les Roms, originaire de la péninsule indienne est présente, en Europe depuis le XIème siècle, c’est dire leur ancienneté ! Il convient de rappeler qu’ils sont près de 15 millions au monde. Enfin, il convient de rappeler que la Commission européenne, en 2011, a défini une politique publique générale d'intégration des Roms pour la période allant jusqu'à 2020 (COM(2011) – 173 final du 5 avril 2011).
 
Ce texte important souligne que "l'inclusion sociale des Roms relève de la responsabilité partagée des institutions et des États membres de l'UE, il est essentiel de mobiliser les autorités locales afin de mettre en place des mesures concrètes qui modifieront les conditions d'existence des communautés rom". Nous sommes, donc, responsables !
La Ville de Metz, comme d'autres villes d'Europe connaît leur présence et les problèmes liés à leur présence. Après des diagnostics sociaux posés et des propositions d'intégration, près de 40 personnes se maintiennent néanmoins sur une parcelle de terrain SNCF, rue Louis le Débonnaire où ils ont obtenu l'autorisation d'y placer leurs cabanes, sans grand espoir d’en sortir, si nous n’intervenons pas.
Sur le site, l'intervention généreuse de citoyens, d'associations et de l'élu –Raphaël PITTI, en charge des urgences sociale, humanitaire et sanitaire a été constante et téméraire. En voici quelques exemples : EMMAÜS a fourni les matériaux pour édifier les cabanes ainsi que les poêles à bois pour assurer leur chauffage. DEMATHIEU & BARD avait déversé des gravats pour ne pas les laisser dans la boue. L'aménagement rudimentaire a eu lieu par la récupération de mobilier et autres matériaux sur le sol. La Ville de Metz a creusé et aménagé les latrines et installé les containers, à l'entrée et la collecte des ordures est assuré. Eau et électricité sont installées depuis le début de l'été 2016. Les associations caritatives assurent l'aide alimentaire en plus de quelques ressources liées à la mendicité.
Malgré cette aide salutaire quotidienne, ces personnes restent dans la plus grande précarité et ne peuvent prétendre à un avenir heureux.
Si la Ville de Metz ne peut pas accueillir toute la misère du monde, elle peut et doit néanmoins en prendre sa part. D'où le choix de ce projet d'intégration et d'insertion dans notre aire urbaine par la formation, l'emploi et la citoyenneté d'une durée expérimentale de 3 ans pour un montant investi de 150 000€, portés par la Ville, la FAP et l'État. Pour qui ? Pour 16 familles, en souffrance. Avec qui ? Avec les partenaires locaux spécialisés, avant de mettre un œuvre une Maîtrise d'Ouvre Urbaine et Sociale (MOUS), il fallait travailler sur un état des lieux. Nous avons fait confiance à un 1er partenaire spécialisé : l'Association 14, à effort égal, avec l'AFAP pour établir un diagnostic du Bâti – 19 900€ Un second acteur dédié et neutre a mérité notre confiance pour poser le diagnostic social l'Association. Il s’agit de l’Association Diagnostic et trajectoires cofinancé par la Ville et la Fondation Abbé Pierre, à hauteur de 9 800€ Travail accompli !
Enfin, l'Association Amitiés Tziganes, connu pour son expertise et son bilan, sur d'autres bidonvilles semblables, comme à Maxéville a été l'opérateur choisi, dans le respect du cahier des charges pointilleux de la MOUS, pour accompagner, chacune des individualités à quitter définitivement la précarité en définissant leur projet de vie. Pour quoi faire ? Pour faire respecter ces personnes comme tous les autres citoyens, « nés libres et égaux en droits ». Comme tous les autres, ils ont le droit à l'éducation, à un logement digne et un emploi stable et rémunérateur.
 
Contredire et en finir avec des préjugés tenaces et discriminants, les éloigner de l'habitude de la loi du plus fort, de l’absence de choix faire leur le triptyque républicain. A Metz, la fraternité existe, celle-ci s'organise même et c’est pour y rester ! Le CCAS de Metz y veille également et le travail hautement militant de Christiane Pallez aussi.
 
« Ce n'est pas dans je ne sais quelle retraite que nous nous découvrirons : c'est sur la route, dans la ville, au milieu de la foule, chose parmi les choses, homme parmi les hommes ». Cette pensée de Jean-Paul Sartre (1947) illustre bien le travail minutieux que nous fournissons, pour ne laisser personne, en souffrance, sur le bord de notre ban communal, pour sincèrement et honnêtement « être homme parmi les hommes ». NDO
 

Intervention en Conseil municipal. 27.10.16


Interventions en Conseil municipal du 27 octobre 2016

Point 6 – AGORA – Actions de préfiguration

Monsieur le Maire,

Chers collègues,

Depuis la pose de cette première pierre le 8 juillet 2016, l’objet AGORA est entré dans la tête des habitants d’un quartier qui s’est projeté sincèrement dans l’avenir. Ce lieu a vocation à devenir un lieu vivant, fait de rencontres, de dialogues, de culture(s), autant pour les habitants du quartier que pour tous les autres messins. Avant sa naissance attendue, le temps de cette belle gestation du projet appartient, donc, à tous. Au cours des travaux et des différentes étapes jusqu’à sa naissance, chacun et tous pourront s’impliquer et participer à la vocation fraternelle de ce lieu de vie.

Un lieu polyvalent, ouvert, accueillant, inclusif, familial et intergénérationnel. Un lieu où chacun trouvera écoute et accompagnement, dans le respect dû à sa personne. Un lieu où les solidarités de fait se feront et se multiplieront. Un lieu de vie où l’accès à la culture sera au RDV. La culture, "ce qui fait autre de chose de nous, que de petits accidents de l'univers"(A. Malraux), pour dépasser sa condition. Cela n’est possible qu’à condition que ses habitants s’approprient l’AGORA, de son A à son Z, sans manquer aucune lettre de son alphabet. « En route vers l’AGORA » est une belle initiative menée par l’AMIS, en amenant les participants de tous les âges, à vivre l’AGORA : B.D., mascottes, reportages, avec l’aide du Centre social G. Lacour, de ce lieu emblématique de passages et de créations, de partage.
Quoi de plus fraternel de la part de la génération pour laquelle nous construisons que de récompenser les ouvriers de leur sueur en offrant la gratitude d’un simple repas ?

Quoi de plus fraternel que de laisser l’innovation s’inviter avant l’heure, dans la vie de la connaissance 2.0 des citoyens, en présence d’intervenants spécialisés pour 2 actions majeures : « Je fabrique mon robot » - merci aux Bibliothèques Médiathèques de Metz de provoquer des interactions et des solidarités sur écrans géants dans des jeux vidéo, sans oublier les arts vivants et les contes et les légendes d’un Novembre imaginaire et égalitaire.

Quoi de plus fraternel que laisser la liberté à 6 résidences d’artistes de co-construire des projets artistiques de valeurs, avec les citoyens habitants pleinement acteurs, mené par Yanina Isuani et sa « Capsule temporelle » et son travail photographique ? La Compagnie Roland et son projet de chorale : faire chanter la naissance et l’émancipation des femmes par les femmes du quartier même ? Encore, la Compagnie Pardès Rimonim, pour collecter des objets sur des supports variés pour exprimer la vie du quotidien, celle de l’Escalier, au cœur de l’école Jean Moulin pour aimer et écrire de la poésie qui sera publiée.
Viracocha-Bestioles et la maternelle Colucci pour travailler en musique, en gestes et sur papier sur le thème du corps et, enfin, Komplex Kapharnaüm pour une déambulation faite de l’histoire sociale de la Patrotte et la raconter fièrement.

Tout le monde a répondu « présent(e) » : associations –APSIS Émergence ; AFEV-, centres sociaux –AMIS et Centre social G. Lacour, sous la conduite éclairée de la Ligue de l’Enseignement, comités de quartiers, habitants pour, ensemble, faire naître l’AGORA, ce lieu de rassemblement. 
27 898€ pour fabriquer de la fraternité, à long terme. Écoutez bien : ça se passe à la Patrotte, avec ses habitants, pour Metz-Nord, devant-les-Ponts et vers tous les autres quartiers de Metz et ses habitants, sans exception. Vive l’AGORA !
NDO